PODCAST - EPISODE 12 : LES TROIS TATTVAS DU YIN YOGA

Les trois tattvas du yin yoga

Bonjour à tous ! Parlons aujourd'hui du yin yoga.

C’est une pratique qui est souvent décrite comme douce, relaxante alors même que l’action dans l’inaction sur le tapis peut en fait être plutôt intense.

Avec cet épisode, j’avais envie d'insister sur l’essence de la pratique de yin yoga : les trois tattvas du yin yoga. 

Qu’est-ce que le yin yoga ? 

 

Le yin yoga c’est une discipline plutôt récente qui date des années 1990. Son fondateur Paul Grilley s’est inspiré de disciplines telles que la philosophie taoïste et la médecine traditionnelle chinoise. 

Il a en fait créé cette pratique alors qu’il se retrouvait comme bloqué dans sa pratique de l’Ashtanga-Vinyasa yoga. Au même moment, il a rencontré un pratiquant d’art martial qui propose de rester longtemps dans les postures. Le but étant de s’assouplir en profondeur et faire circuler l’énergie dans le corps. 

Paul Grilley a alors synthétisé toutes ces connaissances pour faire un nouveau yoga répondant mieux à ses propres attentes. 

Depuis, le yin yoga a évolué, et a surtout commencé à répondre a ce besoin de ralentir que l’on peut régulièrement ressentir dans notre mode de vie très dynamique.

Yin comme … Le yin et le yang ?

 

Parmi les points principaux de la philosophie taoïste, on compte les notions de Yin et de Yang. Toute chose sur la planète doit trouver son harmonie entre le yin et le yang 

Le yin dans la philosophie taoïste, c’est « le côté ombragé de la montagne ». C’est la polarité dite féminine qui représente ce qui est lent, froid, profond, tourné vers le bas, immobile. C’est aussi l’énergie de l’hiver

Le yang est le côté éclairé de la montage, c’est la polarité masculine, non mesurable, lumineuse, en surface, vers le haut, le mouvement et l’été. 

Le yin renvoie à ce qui détend, ouvre l’esprit et stimule l’imaginaire. Il a une véritable dimension créatrice. C’est aussi l’énergie de la contemplation qui nous invite à ne pas fuir face à ce qui se présente.

Il faut faire attention avec ces concepts que l’on a souvent tendance à lire avec notre oeil occidental. On croit souvent que le yin serait quelque chose de plutôt négatif, « le mauvais côté » quand le yang serait positif.

Toutes ces choses là ne sont pas absolues : il y a du yin dans le yang et inversement. On n’oppose pas ces concepts : ils sont complémentaires.

Il y a aussi une notion de mouvement dans tout ça puisque les philosophies orientales ont une vision du monde qui est cyclique. Ainsi, on traverse constamment des phases yin puis des phases yang.

Mais justement, la pratique du yin yoga, ça se présente comment ?

 

Le Yin yoga est un yoga qu’on qualifie de doux. Les postures sont tenues au moins 1 à 2 minutes, parfois jusqu’à 8 minutes avec des combinaisons de respirations lentes et profondes. Cela favorise un réel travail de relaxation et une meilleure réponse des tissus profonds du corps. On fait le vide et on plonge dans un état de profonde méditation. On atteint ensuite des niveaux élevés de concentration qui nous aident à nous détendre complètement. 

D’un point de vue physique, la pratique se concentre sur les tissus conjonctifs comme les ligaments, les tendons, les os, les articulations, les fascias … L'important n'est pas le renforcement des muscles ou le développement de l'endurance. Le yin yoga ne nécessite pas d'engagement musculaire, c’est un travail beaucoup plus profond.

Si besoin, on hésitera pas, comme dans le « restorative yoga » à utiliser des accessoires, bolsters, briques, couvertures, sangles pour soutenir le corps.

Les postures sont passives et aucune violence ne doit être imposée au corps. Nous en parlions dans un épisode précédent le principe d’ahimsa doit toujours être respecté dans la pratique des postures de yoga.

Tout ça nous amène finalement à la question fondamentale de ce podcast :

Qu’est-ce qui différencie le yin yoga d’autres pratiques ?

 

Le yin yoga pourrait s’apparenter à de la méditation, à du yoga nidra ou à du yoga restauratif. Ce qui permet de différencier le yin yoga de toutes ces pratiques, c’est finalement les trois tattvas du yin yoga.

Premier tattva : trouver son espace juste

 

Le premier des trois tattvas, c’est de trouver son espace juste dans chaque posture. Il s’agit de trouver une intensité qui ne soit pas insurmontable mais suffisamment assumée.

Le yin yoga se pratique avec une forme de tension juste, un juste stress sur les tissus du corps. Cet espace juste n’est jamais trop yin ou jamais trop yang, dans une amplitude de mouvement juste et une profondeur adaptée. 

C’est une véritable exploration de soi car il faut pouvoir apprendre à s’apaiser dans des situations parfois d’inconfort en respirant profondément, à la recherche de ce qui constituera la justesse à un instant T … Qui ne ressemblera sûrement pas à la justesse de la pratique de la veille d’ailleurs ! 

Deuxième tattva du yin yoga : trouver l’immobilité 

On peut ensuite travailler le deuxième tattva du yin yoga : trouver l’immobilité. On ouvre un temps dans lequel le corps et le mental peuvent se relâcher et habiter l’espace juste. A partir de cette immobilité, on peut alors explorer le corps et le mental en profondeur.

Cette immobilité est en général progressive puisque l’on trouve l’immobilité du corps. A partir de l’immobilité du corps on trouve l’immobilité du mental. Et parfois, à partir de l’immobilité du mental, on peut trouver l’immobilité du souffle 

L’immobilité du mental ne veut pas dire un esprit vide mais plutôt un esprit présent et conscient.

Troisième tattva : maintenir la posture dans une certaine durée 

 

On pourra aller visiter le troisième tattva du yin yoga : maintenir la posture pendant un certain temps. Ce n’est qu’en tenant les postures plusieurs minutes que l’on pourra laisser le corps se relâcher de palliers en palliers dans la posture.

Ce troisième principe nous invite à revoir nos réflexes quant à notre notion du temps. En restant dans la posture on cherche à se caler sur le rythme des tissus profonds du corps qui bougent lentement. On s’adapte à leur nature pour les renforcer sans les abîmer.

On parle parfois d’un quatrième principe à la pratique de yin yoga qui est de relâcher tous les muscles du corps. Relâcher les muscles permettra à notre structure plus profonde de s’exprimer. Au lieu de lutter, on laisse la posture s’adapter et on fait l’expérience du lâcher-prise dans le corps. 

Ce que j’aime observer dans la pratique, c’est que chacun de ces trois tattvas sont interdépendants. 

C’est en étant dans notre espace juste que l’on peut maintenir l’immobilité dans une certaine durée. C’est en prenant le temps dans l’immobilité que l’on peut trouver son espace juste plus facilement. C’est aussi à travers l’immobilité que l’on peut prétendre rester une certaine durée dans chaque posture, pour explorer son espace juste.

Quels sont les effets du yin yoga sur le mental ?

 

D’un point de vue purement mental, la pratique du yin yoga s’avère aussi être extrêmement riche.

Alors de premier abord, on reste de longues minutes dans la posture et dans l’immobilité on se demande quoi faire avec notre mental 

On peut déjà prendre le temps de se concentrer sur les messages envoyés par nos 5 sens. Observer la tonalité affective de l’expérience : agréable, désagréable, neutre. Toujours dans l’optique de comprendre nos réactions face à nos sensations. On peut aussi observer nos sensations justement.

C’est ce qui permet finalement une grande présence aux pensées et aux émotions en les accueillant et en les explorant.

C’est ça finalement la pratique de yin : c’est un art de vivre pour agir avec plus d’attention, de conscience, en agissant en suivant le cours des choses sans rien forcer.

Voilà pour cet épisode, qui alimente un peu toutes nos réflexions autour de la pratique du yoga. J’espère qu’il vous aura plu autant que j’ai aimé l’enregistrer 

 

Et surtout, prenez soin de vous !

 

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