PODCAST – EPISODE 9 : ASTEYA, NON-CONVOITISE ET GÉNÉROSITÉ

Podcast Asteya

On se retrouve aujourd’hui pour continuer, encore et toujours, notre série sur les Yamas en parlant d’Asteya.

On peut traduire Asteya par « l’absence de vol », « non-convoitise ». 

C’est ce que vise Patanjali dans les Yoga Sutras : « Quand le désir de prendre disparaît, les joyaux apparaissent. ».

Quand on se débarrasse de l’envie de posséder quoi que ce soit de superflu, cela nous aide à nous reconnecter à l’essentiel, loin de l’illusion de la richesse et du pouvoir.

Je crois aussi qu’Asteya, c’est cultiver la générosité. Je trouve ça très important d’en parler puisqu’en yoga, la générosité est entre autres, enseignée pour garantir le bonheur. 

Ce Yama nous incite également à adopter un regard purement honnête (en lien avec Satya, l’intégrité donc) sur les manières dont nous prenons ce qui n’est pas à nous.

La pratique d’Asteya, c’est comprendre qu’on ne peut pas s’épanouir si on prend plus que l’on ne donne.

L’échange donner-recevoir doit être équilibré dans toutes nos relations. Et on ne vise pas que la propriété matérielle ici. Il peut s’agir effectivement de prendre la nourriture de quelqu’un par exemple ou de prendre des photos Instagram, ou des citations d’une personne sans la créditer. On peut même parler du vol « du temps » quand on aborde Asteya.

Si on veut mettre Asteya en pratique, il nous faut surveiller toutes nos actions intéressées du quotidien, qui peuvent dicter nos choix. Asteya n’autorise même pas une légère forme de narcissisme ... Toujours dans le but d’améliorer notre rapport aux autres.

Les actions désintéressées...

Quoi de plus authentiquement généreux que le service désintéressé ? Agir sans attendre de rétribution est vraiment la pratique qui nous encourage à dépasser notre égo pour servir l’autre.

Le service désintéressé peut prendre énormément de formes, et il ne tient qu’à nous de nous montrer créatifs et créatives pour le mettre en place.

Et, figurez vous que la pratique du service désintéressé nous rend joyeux, dès lors qu’il vient du coeur. Vous n’avez jamais ressenti ça ? Le fait d’être super heureux de faire un cadeau ou une surprise à quelqu’un, dans l’unique but de lui faire plaisir et de voir un sourire se dessiner sur son visage. 

Donner de la sorte nourrira les autres de notre amour, illustré à la fois par notre prévenance et par notre détachement de toute forme de rétribution.

Il ne peut pas exister de service désintéressé sans évaluation préalable de nos propres motivations. Quelles sont nos intentions au quotidien ? Est-ce que l’on donne parce que l’on se sent responsable des autres ? Est-ce que l’on donne toujours de manière conditionnée, dans l’espoir d’obtenir quelque chose en retour ? Est-ce que je donne parce que l’on m’oblige ou parce que je me sens obligé de le faire ? Au contraire, est-ce que mon don est motivé par l’amour ? 

Vivre selon Asteya revient à donner en étant motivé par un véritable souci de l’autre. 

Ne rien avoir à donner ?

J’ai remarqué que l’on a souvent tendance à se dire « mais moi je n’ai vraiment pas beaucoup de sous, je ne possède vraiment pas grand chose, j’ai pas de quoi donner ». 

Asteya nous invite réellement à être créatif et créatives, en trouvant de nombreuses manières de donner. Des manières de donner souvent immatérielles, et pourtant plus précieuses parfois qu’un don « physique », « matériel ». Je pense notamment au don d’amour : je ne connais pas une personne qui n’ai pas besoin d’être aimé. Et je ne connais pas non plus de personne qui n’ai pas de précieuses réserves illimitées d’amour en lui ou en elle. 

Asteya et l’équilibre du don

Donner évidemment, mais comme toujours et comme tout, avec équilibre. Asteya ne suppose pas de donner sans plus penser à nous. Asteya ne suppose pas que l’on doive se négliger et que l’on oublie de se prodiguer tous les soins dont nous pourrions avoir besoin. 

Trop donner, passer notre temps à donner peut réellement nuire à notre équilibre. Et c’est là que nous devons nous imposer des limites.

Il est primordial que l’on s’offre d’abord à nous-mêmes ce que nous voulons offrir aux autres. Et en tant que professeur de yoga, c’est pareil : nous devons incarner ce que nous transmettons … 

Asteya et la peur du manque 

Parfois, on peut être un peu réticent à donner, pour plein de raisons différentes bien sûr … Mais on remarque souvent que l’on refuse de donner par peur de finir par manquer nous-mêmes. 

Peut-être est-il temps d’enfin comprendre que nous vivons dans un Univers fait d’abondance. C’est, entre autres, un des enseignements de la philosophie du yoga : l’infinité est la nature même du fameux divin dont on entend autant parler. Le yoga nous aide à être en phase avec cette idée d’abondance, et donc de se débarrasser de la peur du manque. 

Nul besoin de prendre aux autres donc. Nul besoin de se limiter dans nos dons … La nature a horreur du vide. Et le manque n’existe pas. 

Asteya nous permet finalement de ressentir cela, et donc d’être serein … Ouverts aussi, à tout ce qui peut se produire, dans une forme d’ouverture à la vie complètement libératrice. Et cette générosité de la nature, que l’on ressent pour nous et en nous, nous pouvons ensuite la rendre autour de nous. 

Asteya sur le tapis

Asteya dans la pratique des asanas, c’est savourer une posture tout en ne désirant pas ce pour quoi nous ne sommes pas encore prêts. Éviter aussi de se comparer aux autres et de se critiquer quand on pratique. Une attitude sans attente sur le tapis procure un sentiment de grande richesse, et les séances sont alors transcendées. Avec ce sentiment d’avoir l’essentiel, tout ce qui vient en plus est reçu comme un cadeau. 

Quelques pistes pour mettre Asteya en pratique au quotidien : 

  • donner plus que ce que l’on prend en attention, en temps, en patience, en bonté …
  • être généreux de patience 
  • attendre peu des autres et beaucoup de soi-même 
  • être réellement dans la générosité, sans attente
  • remarquer ses élans à retenir et réfléchir à une façon de pratiquer asteya
  • faire un cadeau à quelqu’un, venant du coeur et sans rien attendre en retour 
  • être bénévole

Je vous remercie du fond du coeur pour votre écoute, 

Et surtout, prenez soin de vous !

HAUT