PODCAST - EPISODE 3 - AHIMSA OU LE PRINCIPE DE NON-VIOLENCE

Ahimsa podcast 3 la non-violence

 

Bonjour à toutes et à tous !

 

Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour parler de ce sujet très inspirant qu'est Ahimsa, ou « la non-violence ».

Si vous avez écouté mon podcast sur les 8 branches du yoga, vous savez qu’Ahimsa est le premier des Yama, ces 5 qualités morales à cultiver pour faciliter notre élévation personnelle. Il ne faut pas sous-estimer l’importance d’Ahimsa, puisque c’est une pratique active qui déterminera toute l’activité des autres branches du yoga. Ce sujet comporte mille et unes facettes donc je ne vais pas chercher à être exhaustive ici. Je voudrais simplement définir Ahimsa avant de vous présenter quelques unes de ses implications dans notre vie de tous les jours.
 
Littéralement, la signification d’Ahimsa est « ne pas blesser, ne pas nuire » que l’on traduit par « non-violence ». Il s’agit de cultiver la bienveillance, la paix, et le respect de toute créature vivante. Il faut alors s’abstenir de créer un dommage à qui que ce soit, en acte, en paroles, mais aussi en pensées.La traduction de « non-violence » est un peu trompeuse puisqu’on aurait tendance à se dire qu’il suffit de se contenter de ne rien faire de mal. Mais Ahimsa va au- delà de ça. Cela implique en fait de supprimer tout ce qui nuit à la paix et surtout de la cultiver activement en nous. L’indifférence peut d’ailleurs être une forme de violence, lorsque l’on approuve les actes malveillants d’une autre personne par exemple.
 
Mettre en pratique Ahimsa détermine une grande évolution personnelle. Et pour aller dans cette direction, il faut, avec patience, examiner chaque jours nos intentions et nos pensées.
 
Il y a énormément d’applications d’Ahimsa : on peut être bienveillants avec nous mêmes, en pensées, en paroles, physiquement, envers les autres êtres humains, envers les animaux, envers l’environnement ... Je vais plutôt ici chercher à aborder Ahimsa sous l’angle de notre quotidien. Parce que je suis convaincue qu’en y mettant plus de paix et de bienveillance, nous avons le pouvoir de le changer et de changer celui des autres avec une puissance que l’on ne soupçonne même pas.
 
 

La première implication d’Ahimsa se trouve en nous-mêmes et plus précisément dans nos pensées.

Ahimsa nous invite à supprimer toute pensée, toute émotion et tout sentiment qui serait malveillant envers nous-mêmes et envers autrui. Et c’est vraiment quelque chose qui est difficile à faire. Le monde entier est un théâtre de désaccords, de conflits et autres pulsions de violence.

Face à ça, Ahimsa nous incite à vivre la paix d’abord en nous-mêmes. Il est donc indispensable que nous soyons conscients de notre vie intérieure. La clé est ici de ralentir : on ne peut pas laisser place à la conscience si tout va trop vite. Sinon, les émotions et les réactions finiront toujours par reprendre le dessus, et notamment celles qui fragilisent notre paix intérieure : la colère, la critique, la jalousie, la peur, le doute, le soupçon, l’anxiété ... 

En prenant le temps d’être observateur de toute cette agitation, on peut prendre de la distance par rapport à chaque évènement que l’on est amené à vivre au quotidien. Prendre de la distance aussi par rapport à nos tendances à réagir et par rapport à nos humeurs.

On peut aussi se poser les bonnes questions : « est-ce que ce que je fais ou ce que je m’apprête à faire est bienveillant ? » « pourquoi je prends cette décision ? » « est-ce que je dois vraiment garder ce comportement ? »

Observer, c’est aussi accepter. Accepter les pulsions qui surviennent plutôt que de les refouler ... 

Je crois que c’est le premier pas vers la non-violence : se reconnecter à soi pour s’observer et laisser place à de l’indulgence et de la patience envers nous. Pour justement faire la paix soi- même et se comprendre avant de pouvoir le faire avec les autres.
 
D’où l’importance de toutes ces pratiques qui nous aident à mieux nous connaître qu’il s’agisse de la méditation, du yoga ...
 
Alors, on le comprend, cultiver Ahimsa revient aussi à s’occuper de nous pour éviter cette fragilité émotionnelle ! Est-ce que vous avez remarqué à quel point on pouvait faire preuve d’auto-malveillance ? A quel point on pouvait se critiquer ?
 
Ahimsa ne peut se vivre ni se réaliser sans l’amour et l’estime de soi. On doit le ressentir en nous d’abord puisqu’on ne peut pas offrir au monde ce que nous n’avons pas incarné. Et si on ressent l’anxiété, la peur, la colère nous les ferons également naître dans toutes nos relations. Pratiquer Ahimsa, c’est aussi cesser cette autodestruction envers notre mental et notre corps.
 
C’est apprendre à aimer et à prendre soin de ce corps, ce temple sans lequel nous serions incapables de nous incarner.
 
D’ailleurs lorsque l’on n’est pas en paix avec son corps, il est difficile de l’être avec son mental (et vice-versa). Ce mental par lequel on se condamne, qui se blesse, se vexe, qui nous rabaisse, nous critique et nous juge constamment.
 
Pourquoi créons-nous autant de violence vis-à-vis de nous-mêmes ? Nous le savons, nous avons été construits dans cette société faite de compétitivité, de peur, de vitesse et de « toujours plus ». Et nous cherchons à nous modeler en référence à cette société, aux autres et à ce qu’ils attendent de nous. Tout ça pour ... Etre mieux accepté, valorisé ... et aimé. Si nous cherchons tant à être aimés et acceptés, pourquoi ne pas commencer à le faire avec nous-mêmes ? Pourquoi ne pas cultiver en nous ce que nous cherchons désespérément partout ailleurs au point de modifier qui l’on est parfois ?
 
Si on apprend à s’aimer tel que l’on est, cet amour développera en nous la paix et la bienveillance, en nous et autour de nous. Tout ça passe par des choses très simples ! Prendre soin de soi par exemple est une première marque de non-violence. Limiter les états de stress, faire des choses bonnes pour soi et son esprit, dormir suffisamment, se relaxer, mettre en place des rituels ... Autant de façons de nous honorer et de prioriser notre équilibre, et de cultiver la bienveillance.
 
Ce qui nous amène à la troisième implication d’Ahimsa : la non-violence au quotidien et envers autrui. Parce qu’une fois que nous avons mis en place ce travail intérieur, on peut commencer à évaluer notre vie extérieure. 
 
Ahimsa nous invite à choisir la voie noble qui est de rester calmes face à toute forme de conflit, du petit accrochage jusqu’à l’insulte reçue injustement. Ca ne veut pas dire qu’il faut se laisser faire ! Mais que la solution se trouve toujours dans la compréhension calme et tranquille. Ce n’est que là que l’on peut prendre des décisions éclairées plutôt que d’être réactifs ou réactives, en ne se laissant pas être affecté par le conflit. 
 
Il y a plusieurs choses que nous pouvons mettre en place pour cultiver la paix dans nos relations. Alors bien évidemment, on peut déjà s’abstenir de frapper, d’insulter ou de menacer les autres, c’est déjà un très bon début . 
 
On peut également travailler à ne pas prendre les choses personnellement. Il faut comprendre que nous partageons les mêmes besoins les uns et les autres. Et que derrière la colère, la réactivité ou le ressentiment de l’autre se cache toujours un besoin d’amour, de compréhension et d’empathie. On se rend bien compte à quel point nous sommes tous interdépendants : chaque pensée et chaque action de chaque individu influe sur l’état général du monde. Ainsi, mon bonheur est celui de l’autre. 
 
Toute forme de violence engendre un nouveau cycle de violence, et elle ne fait donc que se perpétuer ... L’agressivité dont nous faisons preuve nous revenant toujours sous une autre forme.
 
Je voudrais aussi profiter de vous parler de quelque chose qui me semble important dès lors qu’on aborde le sujet de la non-violence. Ahimsa, c’est un principe qui sert de fondement au végétarisme ou au végétalisme. Et je suis d’ailleurs moi-même devenue végétarienne lorsque j’ai découvert et étudié les 8 branches du yoga. J’ai commencé à me poser des questions sur certaines de mes actions et notamment à ce sujet. Je me rendais compte que, moi qui adore les animaux, je les mangeais et participais à un cycle de violence inouï à leur encontre. Refuser de manger des animaux peut tout à fait être une manière de pratiquer Ahimsa au quotidien.
 
Comme je le disais au début du podcast, Ahimsa relève d’un choix conscient, d’actions et non de rester détaché-e pour se contenter de ne pas faire violence. Voilà donc quelques petits « trucs » pour s’exercer activement à être dans la quiétude 
 
*Observer votre discours mental et cherchez à remplacer les pensées négatives, critiques ou malveillantes par des pensées d’amour 
 
*Notez des idées positives sur des bouts de papier et conservez les dans un bol. Prenez en un pour le lire quand vous vous sentez en colère pour vous ramener à la paix
 
*Envoyez une pensée de pardon à quelqu’un, vous y compris
 
*Réagissez gentiment même si quelqu’un est impoli avec vous
 
*Regardez une personne dans les yeux et souriez lui

*Exprimez votre gratitude à quelqu’un
 
*Faites des excuses à une personne que vous avez traité durement
 
*Demandez vous comment vous pourriez être plus en paix avec votre corps
 
 
 
A venir sur L'accent Yogi : un podcast dédié à Ahimsa, mais dans la pratique des postures de yoga cette fois-ci ...
 
 
 
Et surtout, prenez soin de vous 
 
 
Marie
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