YOGA ET ENTHOUSIASME : LE DUO GAGNANT

Yoga enthousiasme

 Après avoir commencé à pratiquer le yoga, le fait de l’enseigner est venu assez naturellement à moi. Comme une évidence, et sans trop me poser de questions, donc. Je savais que j’allais finir par enseigner, et le « comment j’allais enseigner » allait venir tout aussi naturellement.

Je ne m’étais finalement pas trompé. J’ai poursuivi mon chemin, progressivement. J’ai peu à peu libéré du temps pour intensifier ma pratique des postures, mais aussi pour constamment apprendre sur ce chemin jour après jour. 

Mes premiers doutes sont en fait arrivés assez tard. Ils ont été très vite « ciblés », sans toutefois tourner à l’obsession … Mais quand même. 

Je crois que c’est assez inévitable. La pratique du yoga, avec l’intériorisation qu’elle implique, amène avec elle son lot de questionnements et de réflexions.

Parmi celles-ci :  « comment enseigner le yoga ? ».

Vaste programme, j’en ai bien conscience ! 

Mais après tout, tout ce qui importait pour moi (et qui importe toujours) est de donner du sens à ce que je fais. Donner du sens à mon enseignement, à ma pratique et donc à la transmission du yoga à laquelle j’ai la chance inouïe de participer. Et ça passe, entre autres, par cette question : « que transmettre aux élèves ? »

Quelles sont finalement les clés pour enseigner, les indispensables et tout autre chose que je devrais constamment garder dans ma « boîte à outils yogique » ?

Postures de yoga inaccessibles et discours mentaux toxiques

 

En réfléchissant à cette boîte à outil, j’ai fini par penser à ces postures de yoga qui m’étaient encore partiellement ou totalement inaccessibles. 

Je ne dresse pas ici un portrait pessimiste de ma pratique du yoga, ni de quelque pratique que ce soit d’ailleurs. Je sais qu’il s’agit d’un travail de fond, extrêmement profond, qui demande énormément de temps et de rigueur. La rigueur et le travail quotidien, c’est ok de mon côté … Alors il ne me reste plus qu’à embrasser le temps qu’il me reste pour m’approprier ces postures de yoga et les travailler encore. 

Je n’ai d’ailleurs aucun problème avec ça, au contraire. C’est peut-être même ce que je préfère dans la pratique du yoga : explorer, se remettre en question, tomber pour mieux remonter, toujours apprendre et … Avoir un déclic. Un beau jour. 

Mais tout ça questionnait en fait ma légitimité en tant qu’enseignante. Parce que certaines postures de yoga manquaient à mon panel. Parce que j’étais frustrée de ne pas pouvoir partager totalement ces postures à mes élèves. Parce que j’ai peur de les faire passer à côté de quelque chose …

Bref. Tous ces discours mentaux aussi toxiques qu’inutiles. Tous ceux que l’on cherche à éloigner avec le yoga justement. Ce mode pilote automatique qui s’active, nous met « la tête dans le guidon » et nous éloigne de nous-même. Qui pose une ombre devant notre propre lumière finalement … 

Le pouvoir de « simples » mots face aux doutes

 

Alors, je vous rassure, il ne s’agira pas de la chute de cet article ! Ce que j’avais envie de vous partager à travers cet article, c’est en fait le fruit d’une conversation que j’ai pu avoir avec l’incroyable Daria, gérante du studio Sputnik Yoga Space à Paris. 

J’aime pratiquer (et enseigner, mais ça c’est une autre histoire) dans ce studio parce qu’il regorge de professeurs tous plus différents les uns que les autres. De quoi s’enrichir et remettre constamment sa pratique du yoga en question.

Et la remise en question, j’aime la créer en pratiquant avec Daria un yoga totalement différent du mien. Souvent plus challengeant. Comme ce soir là, où je lui ai partagé ma sensation de blocage complet dans mon corps. Qui s’ouvre avec le temps certes … Mais bloqué quand même.

Sans même le savoir, Daria a répondu à mes doutes. Et c’est comme si ça m’enlevait un énorme poids du à toutes les questionnements « poisons » que je pouvais entretenir.

Peu importe la souplesse, les capacités (ou les « non-capacités ») de chaque professeur, m’a t’elle-dit. Elle m’a ensuite encouragé à poursuivre ce travail acharné que j’avais mis en place. 

Et surtout, elle a ajouté : « garde ton enthousiasme. Tu ne pourras rien transmettre à tes élèves dès lors que tu seras blasée en donnant cours ».

J’en ai presque eu le souffle coupé. Elle a, à la fois mis des mots sur ce qui m’animait depuis le début de mon aventure et sur ce que je devais mettre en place pour la poursuivre.

L’enthousiasme en yoga … Mais pas que

 

Je vous parle de yoga mais, n’est-ce pas valable pour chaque chose pour laquelle on s’engage ? Où peut-on aller, que peut-on cultiver sans enthousiasme, motivation et curiosité ? 

Je m’imagine déjà arriver en cours complètement éteinte face à mes élèves. J’imagine, en me marrant un peu, leurs têtes : « purée elle a l’air au bout du rouleau la prof » .

L’idée même d’enseigner le yoga m’a apporté une dose de joie inégalable dans ma vie alors même que j’étais justement blasée par ce que je faisais (peut-être aurais-je l’occasion d’en parler dans un prochain article ou podcast …). 

C’est cet enthousiasme qui m’a porté dans toute la pratique que j’ai mis en place. C’est aussi cet enthousiasme qui me pousse à pratiquer quotidiennement, c’est cet enthousiasme qui me fait sourire naturellement sur mon tapis. Et c’est cet enthousiasme qui me pousse à découvrir, à ré-apprendre encore tous les jours … 

Comment pourrais-je avancer sans ? Comment pourrais-je faire sans ?

Il n’est pas question de postures sur la tête. Il n’est pas question d’équilibre sur les mains, ou d’extensions de colonne extrêmement avancées. Il est question d’amour de ce que l’on fait. De sens que l’on donne à ce que l’on fait … L’enseignement et le partage, en l’occurence. 

Enseigner ne doit pas être une fin en soi. Au contraire. Je l’étais déjà, mais je suis encore plus persuadée. C’est uniquement le début d’une nouvelle pratique pour l’enseignant. 

Sans le savoir, Daria a donné une nouvelle dimension à ma pratique ce jour-là. Une approche plus douce, plus tolérante, encore plus patiente même. Et surtout, elle a réussi à me faire aimer ce que je faisais encore plus … Alors même que je ne pensais pas que c’était possible !

J’éprouve tellement de gratitude pour ces enseignements du quotidien. Pour ces opportunités que la vie me laisse expérimenter. Pour ces rencontres aussi. Et surtout pour tous ces petits mots du quotidien, banals en apparence, mais tellement lourds de sens. 

Yoga ou pas, cultivez votre enthousiasme. Suivez votre étincelle de vie.

Et surtout, prenez soin de vous.

Marie

HAUT