RÉCIT DE VIE (5) - « LES PÂLES COPIES » : COMMENT JE N'AI PAS GÉRÉ L'IMITATION.

Marie Shanti Yoga - copie - yoga

Dernièrement, je suis tombée sur cet extrait intitulé « Les pâles copies » : 

« Il existe en ce monde une masse immonde de nuisibles. Parmi celle-ci, la plus abjecte est à mon sens la pâle copie. »

Tomber sur ce texte a eu le double effet d’un électrochoc et d’un soulagement. Vous savez, celui qu’on ressent lorsque l’on se sent un peu moins seul-e d’un coup …  

Il y a de nombreuses choses inutiles à savoir sur moi. Et parmi celles-ci : je ne supporte pas le mensonge et la copie. C’est viscéral. Et ça peut parfois me mettre (très) en colère. 

A mon humble sens, copier quelqu’un revient lâchement à s’approprier, au-delà d’une idée, toute une identité. Lorsque je crée quelque chose, lorsque je l’imagine, elle sort directement de mes tripes. Tant et si bien que mettre une idée sur pied peut me demander des heures (voire des jours) de travail acharné. Il n’est jamais vraiment simple de rendre tangible quelque chose que l’on se figure mentalement, au plus profond de soi.

Bon, tout ça, ça fait partie de moi, je gère. 

Ce que j’ai moins géré, c’est tout le plagiat que j’ai pu subir depuis le début de l’année 2020.

(Je me rend compte à quel point cette phrase sonne prétentieuse. Du coup je ris de moi-même en écrivant … Peut-être allez-vous mieux comprendre mon état d’esprit au fur et à mesure de votre lecture … Ou pas !).

C’est ce que je voulais vous raconter aujourd’hui : ces épisodes de vie qui semblent se répéter … Sans que je n’arrive pour autant à les gérer. 

La copie : de l’espace personnel … 

 

Tout a commencé début 2020, lorsqu’une personne de mon entourage a décidé de se faire tatouer un projet … Etrangement similaire à un tatouage que j’arborai depuis plus de trois ans. Même taille, même emplacement sur le corps et même motif.

J’ai horreur des clash. Et je préfère donc souvent me taire plutôt que d’amorcer une situation conflictuelle, quitte à ronger mon frein.

Mais ça, c’était avant cet épisode de vie (oui, il faut bien trouver les jolies leçons de chaque expérience après tout). Après avoir respiré (beaucoup respiré), j’ai décidé de donner le fond de ma pensée à cette personne. Tout ça pour me faire entendre dire que :

« j’en faisais trop, qu’elle avait coooomplètement oublié que j’avais exactement le même tatouage à cet endroit du corps. Qu’elle avait très certainement eu l’idée de son tatouage absolument inconsciemment après avoir vu le mien et que de toutes façons des tatouages comme ça il y en avait plein sur Pinterest donc pourquoi en faire tout un fromage ».

How convenient.

Toute cette situation m’a écoeurée. Ce tatouage, de son idée jusqu’au projet final m’a pris en tout presque un an. Pour faire le bon choix, pour faire ce choix mien (choix accessoirement ancré sur mon corps). Pour en faire, au maximum, quelque chose qui me ressemble justement. Subir cette imitation « inconsciente » n’a, dans ce cadre, provoqué qu’énormément de colère en moi.

J’ai sorti cette personne de ma vie, enregistré les leçons que je pouvais retenir de cette histoire, et suis passée à autre chose. 

… Jusqu’à la copie professionnelle.

 

Enfin, passée à autre chose jusqu’à ce que ce genre d’imitation ne vienne me toucher jusque dans mon espace professionnel. 

Un peu de contexte : la création de Marie Shanti Yoga 

 

Il faut comprendre que, Marie Shanti Yoga, c’est mon bébé. Et, comme un bébé de chair et d’os, il s’est déroulé de longs mois entre l’idée même de sa création, sa mise en place, et sa venue au monde. 

Et pendant un tel laps de temps, il s’agissait de : 

  • refondre complètement le blog (qui existait déjà avant le site Web)
  • dessiner un logo (plus de 6 logos en version finale ont été dessinés en tout)
  • définir une identité visuelle précise et qui me ressemble
  • travailler sur une palette de couleurs précisément définie
  • réfléchir aux sujets à aborder sur le blog 

 

Bon, rassurez-vous. Tout n’a pas été calculé à la virgule près non plus. Il y a certaines choses que j’ai choisi de continuer à faire spontanément, puisqu’elles font pleinement partie de moi. Comme beaucoup trop écrire par exemple. Bien que l’on m’ait indiqué qu’il « fallait faire attention pour le référencement et l’engagement », j’ai choisi, et ce depuis plus de deux ans, d’écrire de longs posts instagram. Souvent pour compenser avec le temps que je ne pouvais pas passer sur le blog … Celles et ceux qui me suivent depuis longtemps le savent maintenant : enlevez-moi la possibilité d’écrire et je ne suis plus moi ! 

Vous l’aurez compris. Il était avant tout indispensable d’être MOI. Avec mes façons de faire, même si ça devait aller au détriment de toutes les « best practices » dont on me parlait. 

Avec Marie Shanti Yoga, je vis tous les jours cette opportunité incroyable d’être pleinement moi. Sans concessions. C’est le cadeau de la créativité ! Pouvoir s’exprimer sans entrer dans un moule pré-établi … 

La copie, ou le dépouillement de l’identité 

… Et c’est justement lorsque l’on fait tout pour ne pas rentrer dans ce moule pré-établi qu’il devient encore plus irritant d’être copié. 

Créer, c’est exprimer sa singularité. C’est exprimer ce qui fonde notre personnalité, notre vision du monde et nos valeurs.

Bien sûr que nous pouvons partager des goûts, des centres d’intérêts, des valeurs et une certaine vision du monde … Mais je ne connais pas deux personnes qui soient complètement identiques. Alors pourquoi chercher à le devenir ? Qu’offrons-nous finalement de nous-mêmes au monde dès lors que nous nous contentons de copier-coller quelque chose ?

Voilà quelques mois que je remarque silencieusement plusieurs imitations de Marie Shanti Yoga. Instagram est un terrain de jeu privilégié pour ça … Il suffit d’être suivi par une poignée de personnes mal intentionnées pour que le feu se répande ! 

Tout a commencé avec des noms vraiment très ressemblants (quand je pense que j’ai mis 6 mois à trouver le mien …). Et puis on m’a régulièrement envoyé des stories copiées-collées de la manière que j’avais de poster mes plannings chaque dimanche (allant jusqu’à récupérer les mêmes visuels). Souvent ces mêmes personnes qui sont allées jusqu’à reproduire une identité visuelle que je voulais la plus personnalisée possible. 

Lorsque je poste des photos le matin, des prises de vues parfois absolument identiques sortent le soir même. A huit heures d’intervalle … 

J’observe en silence une appropriation en deux minutes de quelque chose que j’ai mis plusieurs mois à construire. Et réprimer mon irritation devient de plus en plus difficile, tant cette situation touche à une valeur qui m’est primordiale : l’authenticité. 

Copie ou inspiration ?

Alors on pourrait parler « d’inspiration » pour défendre ce genre de comportement. On pourrait dire qu’après tout, en société, nous nous inspirons toujours les uns des autres, d’une manière ou d’une autre.

C’est à partir du pouvoir des mots que je fais la différence. L’inspiration est une idée, une influence, qui pousse à la création. On peut tout à fait s’inspirer (c’est ce que nous faisons tous), sans reproduire et s’approprier quelque chose. 

C’est justement ce que je reproche à l’imitation. C’est tellement facile de faire sien, en version copiée-collée, le travail de quelqu’un d’autre que ça en devient carrément malhonnête … Et puis, ça revient aussi à fausser la singularité d’une personne qui a justement tout fait pour que son travail lui ressemble et soit unique. 

Et puis, ne pas voler, c'est quelque chose que l'on nous a toujours enseigné ! Nous en avons même parlé dans l'épisode 9 du podcast L'accent Yogi.  C'est pour cette raison que l'on crédite les auteurs lorsqu'on reprend leurs citations par exemple ...

La copie, cette situation que je n’ai pas géré 

Quand l’absence de solution à la copie …

Alors je sais, habituellement quand je prend le temps de vous rédiger un « récit de vie », c’est que j’ai une petite « solution » à partager. Un retour d’expérience qui se veut utile finalement.

C’est la première fois que je vous écris en étant complètement désemparée face à quelque chose. Je ne sais pas quoi vous transmettre comme conseil de vie qui pourrait vous aider à avancer sur votre chemin.

J’aimerais pouvoir vous offrir une solution magique à base de « si vous créez quelque chose ou que vous entreprenez et subissez le plagiat, voici ce qui pourrait vous aider ». Mais non. Parce que je ne sais déjà pas quel conseil appliquer à ma propre situation.

Je ne me suis jamais autant sentie humaine que lorsque j’ai écris cet article. Avec mes contradictions, mes faiblesses, mes émotions qui peuvent prendre le dessus … 

L’occasion finalement de se rappeler que créer, grandir, évoluer est toujours un processus. Même quand on a beaucoup d’outils en main pour prendre le recul nécessaire face aux situations du quotidien. 

Ce genre de situation me rappelle que « la seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien ». Que j’ai beau pratiquer (beaucoup) de yoga, de méditation et autres techniques pour prendre de la hauteur sur tout ce genre de tribulations, j’ai encore énormément à apprendre. 

J’ai encore sûrement beaucoup de choses à vivre et à expérimenter pour faire évoluer mes points de vue en même temps que moi. 

Et j’ai évidemment beaucoup d’heures de méditation à réaliser avant d’apprendre à laisser tomber ce qui doit être relâché !

Devient une solution !

Est-ce qu’elle ne serait pas là notre petite morale finalement ? Savoir reconnaître que nous n’avons pas toujours les outils en main. Que pour certaines situations, il nous faut redoubler de discipline et de travail sur nous-mêmes. Et qu’il n’y a que par ce biais que nous pouvons nous laisser la chance d’évoluer finalement … 

Pour beaucoup de ces récits de vie que je rédige finalement, je constate que la patience est la clé de beaucoup de choses. Et parfois, ne rien faire, c’est déjà faire. Avoir confiance en le déroulé des choses, c’est déjà se laisser la possibilité de trouver des solutions à ce qui nous trouble. 

 

Et surtout, prenez soin de vous.

 

Marie

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