PODCAST - EPISODE 5 : AHIMSA OU LA NON-VIOLENCE SUR LE TAPIS

Podcast épisode 5 ahimsa yoga

Bonjour à tous !

Voici un nouvel épisode du podcast L’accent Yogi qui fait complètement écho à celui sur Ahimsa. Je voulais aujourd’hui vous raconter comment la pratique du yoga pouvait nous aider à développer plus de non-violence dans nos vies, et à l’inverse, vous donner quelques pistes pour pratiquer Ahimsa sur votre tapis.

On apprend à développer Ahimsa grâce au yoga, et notamment sur le tapis. 

Je dis souvent que le yoga est un voyage, mais le yoga est aussi une rencontre. Une rencontre avec nous-mêmes, dans notre authenticité, sans masque et sans faux-semblants. C’est finalement quelque chose de très intime. Dérouler son tapis, c’est l’occasion de se retrouver, d’observer, de faire comme un « état des lieux » de notre être. 

La pratique des postures nous apprend à être à l’écoute de ce qu’il se passe en nous et surtout à nous respecter et à ne pas tricher avec nous-mêmes. Le yoga n’est pas une performance. Nous devons laisser à notre corps le temps de découvrir et d’approfondir les postures. Ça revient alors à accepter nos limites quand elles se présentent … Si on refuse de le faire, on va trop vite, trop loin dans la posture, on peut se déséquilibrer et pire encore … Se blesser.

Ça implique de faire taire cette petite voix dans notre tête qui nous impose de faire « plus » de faire « mieux ». Celle qui semble nous dire que l’on a toujours quelque chose à prouver.

Au fur et à mesure de la pratique, on doit apprendre à connaître cette petite voix. A force de l’observer, on réfléchit et on commence à se dire qu’elle parle beaucoup pour ne rien dire. Et puis les enjeux changent : oui on peut être raide, oui on peut vite s’essoufler. Et alors ?! Est-ce que l’important n’est pas d’être là, d’avancer, d’expérimenter quelles que soient les circonstances ?

Et tous ces petits défauts sur lesquels on s’obstinait à se concentrer deviennent finalement dérisoires. On apprend à faire la paix avec soi … Et, en conséquence, avec le monde autour de nous ! 

Toute cette pression, ce souci de perfection qu’on cesse de s’infliger, on arrête de l’infliger aux autres. On devient plus ouverts, plus tolérants, plus patients. Exactement de la même manière que nous acceptons nos limites et nos points faibles, on accepte ceux des autres pour les comprendre et les considérer dans toute leur humanité. 

Et ça aussi, ça commence aussi sur le tapis … On arrête de se comparer aux autres et de râler intérieurement parce que le voisin touche ses pieds et pas nous. On arrête de se poser mille et unes questions parce que « pourquoi j’ai été ajusté MOI et pas elle ? C’est parce que je suis nulle ? »

On arrête d’alimenter tout ce cercle de violence finalement, pour comprendre et reconnaître que nos chemins diffèrent, les uns et les autres. Bien évidemment qu’un élève qui aura pratiqué 10 ans de gymnastique sera bien plus souple qu’une personne qui n’en a pas fait et qui a en plus des soucis articulaires par exemple. Mais ces deux personnes peuvent pratiquer le yoga toutes les deux, à leur manière, avec leurs corps et leurs limites … Tout simplement parce que le plus important se passe à l’intérieur d’elles, à travers la maîtrise des automatismes de la conscience notamment.

C’est aussi une problématique qu’il est, à mon sens, important de gérer en tant que professeur. On doit toujours être vigilant à ce que l’égo de l’élève ne prenne pas le dessus, au risque qu’il passe à côté de l’intérêt de la posture, ou pire, qu’il se blesse. C’est notre travail de professeur je crois, de le rassurer et de le rappeler qu’il est parfait, que sa pratique est parfaite telle qu’elle est, sans nul besoin d’aller chercher toujours plus de force, plus de souplesse, plus de rétention de souffle … Pour quoi faire ? 

Je reste convaincue que la pratique des postures est une porte d’entrée incroyable vers l’humilité et la patience. 

 

 

Je voudrais aussi en profiter pour expliquer comment apporter plus d’Ahimsa sur son tapis.

J’ai remarqué que, pour certaines personnes, la pratique des postures pouvait sembler être une pratique très violente. Et c’est vrai que le yoga demande énormément d’efforts et de discipline. 

Après tout, on doit faire un effort parfois considérable pour immobiliser le corps (et donc le mental) pendant un long moment. Ce corps et ce mental qui ont justement HORREUR d’être immobiles.

Sans parler des efforts physiques que l’on doit fournir pour pratiquer et tenir des postures parfois difficiles, mais aussi de revenir les pratiquer régulièrement et avec patience … 

Vu comme ça, ça ne fait franchement pas rêver. Et surtout, on est en droit de se demander où est passé Ahimsa, dans une pratique qui semble si brutale et contre-intuitive.

C’est qu’en fait, je crois qu’on ne saisit pas un des premiers piliers de la pratique des postures à mon avis qui est la recherche d’équilibre. Pratiquer le yoga reste un plaisir, pour la simple et bonne raison qu’Ahimsa se pratique sur le tapis justement. Tout est question d’équilibre, à travers les efforts et la discipline que réclame la pratique.

L’effort demandé par le yoga existe certes, mais il n’est pas violent. Il s’agit simplement d’un effort qui nous permet d’avancer d’un point A (celui ou on était avant) à un point B (celui que l’on atteint grâce au yoga). Le yoga ne doit occasionner aucune souffrance, ni douleur. Sinon, c’est que nous faisons mal les choses, que nous allons trop loin.

Dans les Yoga Sutra, la posture de yoga est d’ailleurs décrite comme étant ferme et confortable. 

Il s’agit bien d’un équilibre à trouver dans chaque posture, dans chaque pranayama, qui est celui de développer la force mentale … Mais tranquille ! Pratiquer Ahimsa sur le tapis, c’est toujours apporter de la justesse à l’effort fourni. 

Et c’est aussi apporter de la présence. Pratiquer Ahimsa sur le tapis, c’est, je crois, apprendre à observer la teneur de l’instant présent. Développer la fermeté et la rigueur, mais sans jamais aller au-delà de ce qui est parfait aujourd’hui. C’est apprendre à se respecter sur l’instant T, en fonction de nos capacités là où l’on est maintenant tout de suite. C’est apprendre à apprécier chaque instant de notre pratique sans impatience, sans être obsédé par des résultats à atteindre. 

Sans se précipiter parce que nous manquons de temps, dans le seul objectif d’avoir eu notre pratique quotidienne. La pratique elle-même doit se passer en douceur. 

Et qui dit présence dit également écoute. Ecoute bienveillante de notre corps qui nous fait savoir, par des petites ou plus grosses douleurs, qu’il n’est pas prêt ou pas en état de pratiquer telle ou telle posture. 

Ecoute de notre fatigue aussi, qu’elle soit mentale ou physique). Ahimsa peut donc impliquer de ne pas pratiquer lorsqu’on se sent mal, dans un objectif de performance.

Autant de manières de cultiver la bienveillance et surtout la non-violence sur le tapis donc, comme un « entraînement » je dirais pour mieux les pratiquer dans notre vie ensuite. 

 

Un grand merci pour votre présence, pour votre écoute … Et à très vite pour un nouvel épisode ! 

 

Et surtout, prenez soin de vous !

 

Marie

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